27 juillet 2007
Sylvie

à lire à la plage pendant que votre amour fait des pirouettes ridicules dans la flotte,
"il n'y a pas beaucoup d'étoiles ce soir", "le ciel t'aidera" et "gamines".
cette fille a un talent fou.
26 juillet 2007
Le facteur sonne toujours deux fois
hier matin quand je me suis levée vers 8h ed' y avait un p'tit papier cartonné devant la porte, entre la gamelle du chat et sa litière qui disait que j'avais reçu un colis à 8h eq' mais que comme j'étais pas là, le facteur repasserait (c'est pas que j'étais pas là c'est que la sonnette marche pas et que j'avais du mal à me lever).
autant je n'aime pas recevoir de recommandés, autant les colis, je kiffe à donf. surtout depuis 1996 (ptain déjà?) quand je suis partie bosser à liverpool et que mon oncle, ayant appris par ma grand-mère qu'on bouffait super mal sur le campus universitaire, m'avait fait parvenir des denrées périssables par colis. j'avais adoré le taboulé en boite et le brownie brossard. mais j'avais carrément moins aimé (et surtout mes potes) le camembert avançant tout seul et sentant si fort qu'on avait cru que c'était irène qui s'était pas encore lavée.
quoi qu'il en soit, hier matin j'avais un colis et c'était un mystère. j'ai donc fait un petit tour d'horizon de qui avait mon adresse et ce que ça pouvait être et le choix est tombé sur ma mère qui m'a demandé mon adresse pas plus tard que vendredi dernier et que ce serait forcément un truc terrible (j'ai cette capacité de pouvoir oublier les cadeaux moches dont me couvre ma mère à chaque occasion qui fait le larron).
j'ai tellement piaillé d'impatience pour ce colis, qu'hier soir en sortant le boudin de chien, j'ai été afficher une petite étiquette qui disait à monsieur le facteur que si je répondais pas c'est pas que j'étais pas là mais que c'était parce que la sonnette était en panne. ensuite j'ai mis mon réveil à 8h puisqu'il était marqué sur le petit papier que monsieur le facteur repasserait ce matin entre 8h et 10h.
à 7h30 j'étais réveillée, comme les matins de noël où tu te lèves avant tout le monde pour aller reluquer tes paquets en te trémoussant le sourire jusqu'aux oreilles en espérant que cette année t'auras la citrouille magique dont tu rêves tant. d'ailleurs je l'avais eue cette citrouille magique, je l'avais même su la veille au soir alors que tout le monde était couché et finalement j'avais espéré ne plus l'avoir. car daniel, le petit garçon maltraité dans sa famille, que nous prenions avec nous pour les vacances s'était relevé pour aller mettre ses chaussons sous le sapin parce qu'il avait oublié. il était remonté vite en courant dans la chambre et nous avait dit "j'ai vu les parents mettre les cadeaux sous le sapin, c'est pas le père noël" et comme on le croyait pas il avait ajouté "si, rocket, tu as la citrouille magique tu verras". quelle désagréable sensation d'avoir mon plaisir gâché par cette terrible révélation (un peu comme toujours depuis d'ailleurs...).
à 8h j'étais au garde-à-vous, la vessie pleine, les animales affamées, la lessive prête à sécher et je n'osais me lancer dans rien, je ne voulais pas louper monsieur le facteur qui toquerait à la porte. alors j'ai nourri les animales vite fait et j'ai attendu pas très loin en petit déjeunant, sans mâcher mes céréales trop fort pour être sûre de pas louper le toc-toc. à un moment, ne tenant plus j'ai quand même décidé d'aller aux toilettes faire ma grosse commission en vitesse. j'ai planté le boudin de chien devant la porte et je lui ai dit "si ça toque, tu aboies pour me prévenir". autant le dire tout de suite, le boudin de chien est monté à l'envers, tellement qu'on aurait dû plutôt l'appeler ikéa. tu lui dis "pousse-toi" le boudin de chien te reste collée dans les mollets; tu l'appelles au pied, elle se barre la langue pendante comme une dératée au fond du jardin. alors tu penses que te prévenir de l'arrivée du facteur elle allait pas le faire.
et puis forcément, vu que j'étais bien occupée dans un endroit bien inapproprié à la situation j'ai entendu un moteur diesel de kangoo s'arrêter pas loin et j'ai foncé sur la porte (je vous rassure j'ai pensé à tout bien me rhabiller et même à tout essuyer). de toutes façons c'est toujours dans ces moments là que ça arrive. et là j'ai entendu le "toc toc" bien viril de mon bien aimé facteur-père noel qui m'amenait peut-être une autre citrouille magique (bien que je vive désormais avec elle). j'ai hurlé en ouvrant la fenêtre du bureau (oui parce que la porte s'ouvre pas, ce qui est logique vu que la sonnette marche pas) "je suis làààààààààààààà". il s'est retourné, il m'a lancé un pauvre "bonjour" qui m'a un peu agacée et gâché mon plaisir, il a ouvert son coffre, mes yeux sont devenus pétillants, je ne voyais rien de ses mains, il s'est approché de la fenêtre et il m'a dit "tenez" en me tendant... 2 jeux de bottins.
ma mâchoire s'est décrochée, mes yeux se sont arrondis et j'ai lâché un "super" pour montrer à quel point j'étais déçue. ce con m'a répondu "je vous en prie" et s'est tiré. et moi je suis restée avec mes 4 bottins, deux jaunes, deux blancs dans les mains. on peut dire que cette fois-ci ma mère a plutôt fait fort question cadeau!
25 juillet 2007
Existentialisme
je me penche vers d'autres virtuels, je lis et je comprends les maux qu'ils couchent. alors je fouille entre leurs lignes et j'en arrive à voir leurs plaies.
je note des phrases ou des expressions qui sont tout à fait ce que je ressens, sur moi, sur la vie, sur le tout. et pourtant aucune de mes plaies n'a l'air aussi profonde que les leurs. je n'ai a priori souffert réellement de rien. on ne m'a pas battue, on ne m'a pas violée, rejetée, maltraitée, abusée. et pourtant. pourtant il coule dans mes veines toujours cette tristesse ambulante, permanente. toujours cette question de "à quoi bon continuer?".
si je te résume vite fait la situation, tout va plutôt bien. je m'endors dans ses bras, je me réveille la bouche contre la peau de son épaule, je le remue juste un peu violement parfois dans la nuit parce que je trouve qu'il me dort dessus. on vit ensemble et tout prend une tournure assez positive, même si on est d'accord sur aucune des couleurs dont on voudrait recouvrir les murs. on se raconte des conneries, on fait trois fois rien mais trois fois rien de bien. et je sais que je vis un truc qu'on pourrait m'envier.
mais c'est quand même lourde que je m'endors et me réveille, que je pars prendre mon bus, que je rentre le soir, que je passe ma journée. j'ai toujours ce truc dans le bide qui m'alourdit. qui m'alourdit d'être vide. je ne serai jamais heureuse, c'est un fait. je ne sais pas bien pourquoi et pourtant si.
je ne suis rien, ni personne. ni belle, ni laide. ni grosse, ni maigre. ni conne, ni intelligente. je me place dans la moyenne de tout. mais surtout je ne m'intéresse à rien. je n'aime pas les éléments, je ne vole pas, je ne plonge pas, je ne fais rien. je suis incapable de quoi que ce soit. de toutes façons si je n'y arrive pas du premier coup j'abandonne alors je n'essaye pas; c'est plus simple, on perd moins de temps.
je vis avec une absence que je ne sais pas bien combler, ni même identifier. l'amour de mes proches ne me suffisant pas. je vis avec un voile gris sur le devant du visage. je vis avec cette impression étrange que je suis vide et que "à quoi bon continuer?"
22 juillet 2007
Est-ce que tu viens pour les vacances?
au départ on avait parlé de partir à l'étranger, tous les deux. pas loin car j'ai pas de passeport, pas trop chaud parce que le soleil ne m'aime pas beaucoup. et puis j'ai acheté le guide hachette sur le portugal pour me documenter, savoir où partir, quoi trouver et j'ai été terriblement déçue alors on a abandonné cette idée. entre nous d'ailleurs je ne sais pas si le portugal sait que hachette leur sabote le tourisme, mais peut-être qu'il faudrait les prévenir.
alors après on savait pas où on voulait partir mais on voulait partir et puis ses potes motards nous ont sussuré à l'oreille "mais pourquoi ne venez-vous pas avec nous?". forcément on a dit oui super jouasses qu'on était et on a calé le chien en garde, le chat en visite à domicile et roule ma poule.
sauf que ce que je n'avais pas compris moi, un peu stupide sur les bords c'est que quand tu pars avec des motards c'est pour rouler. la moto ne leur sert pas qu'à se déplacer au point des vacances et ensuite à profiter du climat et du paysage non. le but est de passer la journée de l'aube au crépuscule avec des vibrations entre les cuisses. et moi tant qu'à avoir des vibrations à cet endroit toute la journée, je préfère que ça soit avec mon vibro (même calé ailleurs il me fait quand même moins mal au cul).
parce que l'heure de buell que je viens de m'enquiller à sentir le moindre mégot passer sous nos roues, la moindre limace me faire décoller-retomber sur ma selle dure comme une pierre ne présage rien de bon dans cette semaine à venir. déjà que j'ai une autre idée des vacances que celle de bouffer du kilomètre all day long. et un revival de l'an dernier ne me ferait que moyen sourire.
alors j'ai un peu la gorge amère de voir nos vacances tomber à l'eau, comme une nouvelle petite couche de déception qui vient se greffer là. comme un arrière-goût de culpabilité qui me ferait le brimer ou le laisser partir seul. comme un truc de plus qui va nous éloigner, au final.
20 juillet 2007
She wants revenge
j'ai longtemps cru que je n'avais pas de caractère et que j'étais facile à vivre. parce que ça a longtemps été le cas (désolée pour ceux qui se pointent maintenant, fallait faire comme tout le monde profiter de la poire avant) alors je suis restée sur cette idée.
quand j'étais gosse je n'étais pas contrariante, il y avait des règles qui avaient été instaurées dans ma vie, je les acceptais sans même me demander si elles étaient bien fondées. par exemple, quand vers l'âge de 3-4 ans mes parents ont divorcé et que mon père s'est remarié avec la collègue de ma mère et qu'il m'a dit "voilà c'est ma nouvelle femme je veux que tu la considères comme ta mère" bein je l'ai fait. il y avait une règle à la maison: celui qui regarde la télé plie du linge. forcément, quand t'as 6 gosses à charge et que les deux parents bossent faut forcément que les grands aident pour les petits. alors dès que j'avais le cul planté dans le fauteuil ou que je voulais mater un film, je pliais ou je repassais. ça durait des heures c'était la règle je l'appliquais. ça ne dérangeait absolument pas mes frères et soeur de ne pas appliquer le règlement mais moi je le faisais, parce que c'était la règle et que je la trouvait normale. et comme il n'y avait que moi, je faisais le boulot pour 3.
mon mauvais caractère à l'époque devait être enfoui sous une docilité à toute épreuve. et puis la vie toute seule, la vie loin du règlement familial, tout ça m'a certainement fait me forger telle que je suis au fond. c'est à dire pleine de respect pour tout individu tant est qu'il me le rende bien mais qui te rend bien aussi le mauvais que tu sèmes. si tu dors, je ne fais pas de bruit. si tu demandes un service, je te le rends. si tu es poli, je t'écoute. si tu me respectes, j'accepte presque tout. mais si tu abuses, je me rebelle. si tu me manques de respect, je te le dis. si tu recommences, je me tire. si tu déposes sur moi un jugement néfaste que tu estimes vrai, soit, mais tu ne reviens pas ensuite.
Jna dit que je suis juste, que je ne déclenche jamais rien, que je rends juste la pareille (et non l'appareil hein! et non tu ne me pisses pas non plus à l'arrêt ma chère Jna). moi je pense que je suis rancunière, que je n'oublie pas ce qu'on a pu me faire ou me dire. que je ne crois pas à la 2ème chance pour tout le monde. je ne sais pas oublier, c'est ainsi et un jour je te sors l'addition.
c'est comme ça qu'une connasse un jour (une exe de Jna forcément) m'avait fait une vie d'enfer, me prenant de haut, me traitant comme la merde de la mouche qui mange la merde du chien (c'est dire). même si j'ai été touchée par la détresse qui l'a anéantie à un moment dans sa vie, je l'ai regardée se taper la tête contre les murs de mal-être un jour, je n'ai pas bougé, j'ai levé mon sourcil, j'ai planté mon regard fier dans son oeil alarmé quelques secondes et j'ai passé mon chemin. parce que je n'ai pas oublié.
depuis, je ne m'encombre plus de ceux qui ont dit ou fait des choses qui m'ont blessée. et c'est même pire, je sors les crocs et ils ne m'approchent pas. et quand je dis ça, je pense à toi. toi, fille que je ne connais pas, qui m'a jugée de loin selon tes affections d'alors, qui m'a rejetée violement alors que je n'y étais pour rien, parce que j'avais prévenu que tout ça était une mauvaise idée et qui par un simple lien se rappelle les souvenirs passés et tente de me raggriper. si tu savais comme je rêve de pouvoir te flanquer mon sourcil relevé dans tes yeux qui me balanceraient une petit boutade pour rigoler entre amies, pour que tu te sentes bien seule. si tu savais comment on ne revient pas vers moi la queue entre les jambes. et si tu savais comme il y en a bon nombre comme ça que j'aimerais pouvoir snober en toute justice.
comme F. qui a beaucoup profité de ma poire il y a 10 ans. aujourd'hui je ne vois pour toi que 3 solutions: soit tu es mort, soit tu continues à flâner de poire en poire, soit tu es sous un pont. et si le cas, que je passais devant toi, je ne te filerais pas un euro, rien, pas ma main pour t'aider, que mon sourcil relevé, planté bien longtemps jusqu'à ce que tu me fasses de la peine.
je changerai peut-être à nouveau, ravalant ma fierté que je me fais un devoir de garder, la tête bien haute avec mon sourcil. mais pour l'instant on ne vient pas écraser le sol qu'on a saccagé avant ou sur lequel on a craché.
18 juillet 2007
Faute avouée
désolée pour la voiture. je te la remettrai en l'état.
17 juillet 2007
Orageux
la maison est vide et fait des bruits que je ne connais pas, le vent souffle parfois si fort que les objets dans la maison en bougent tout seuls. il est loin, dans une ville que j'adore et je ne sais pas ce qu'il fait. je ne suis pas tranquille.
je suis depuis presque 4h les poings et les mâchoires serrées, le souffle un peu court, les larmes retenues. j'ai toujours eu peur d'être seule la nuit dans une maison. certainement des restes des films d'horreur débiles que me faisait regarder mon frère. alors je tente de procéder avec jugeotte, de gérer les éclairages, les fenêtres, les vis-à-vis. je guette la nuit, je guette les bruits, les ombres et je garde mes animales pas loin de moi.
à cette trouille puérile et infondée s'ajoute imanquablement le doute. celui qui me nargue quasiment tous les jours et que je ne prononce plus. ce tabou qui s'est emparé de moi auquel je pense en permanence. celui que j'intériorise en tentant de me raisonner. celui qui me fait souvent pleurer sous la douche. celui que je garde pour moi pour ne pas le souler.
j'ai été malade toute la journée, je voudrais dormir mais ça ne viendra pas. j'ai le pouls trop rapide et les jambes trop balançantes. je rumine et j'imagine.
s'il est bien quelque chose qui me caractérise c'est mon pouvoir d'imaginer à outrance. l'imagination réelle j'appelle ça. parce que tout ce à quoi je pense est possible et s'ancre parfaitement dans les faits de la réalité, dans les distances, dans l'espace temps. je le sais loin, seul, vers le sud-est, quelques jours. il ne m'en faut pas plus pour combler les blancs que ça laisse.
je voudrais tellement ne pas douter, ne pas avoir à me rassurer, ne pas devoir me dire que cette fois il n'y a pas de mensonge ou d'omission. mais je n'y arrive pas et je tremble. et mon ciel s'assombrit.
16 juillet 2007
Les voyages forment la jeunesse
la première fois que je suis allée aux francos, je devais avoir 16 ans. ou 17. pas la période du n'importe quoi mais pas loin. c'était avec angel, ma meilleure amie. on avait dit à mes parents que sa mère était en vacances là-bas et qu'on squattait sa chambre d'hôtel et je ne sais même plus trop bien ce qu'on avait raconté aux siens. je ne m'explique d'ailleurs même pas comment ils avaient pu nous laisser partir, j'ai tellement tjs été piètre menteuse. quoi qu'il en soit, on avait réussi à virer le pire obstacle de ce grand voyage et on avait décidé de partir à l'arrache.
on avait failli louper le bus pour aller au rer qu'on avait failli louper pour arriver au corail qu'on avait failli louper aussi. un peu comme un signe de "n'y allez pas les filles, regardez on tente de vous prévenir". on avait squatté la ville toute la journée, couchées dans le port (enfin sur ses berges), à écouter la musique et à regarder tous ceux qui déambulaient. et puis le soir on avait eu droit d'entendre mc solaar et renaud de derrière les palissades car bien sûr... nous n'avions pas de billet.
pas plus que de chambre d'hôtel (pas plus que d'une once de méfiance aussi). alors on a décidé de dormir sur la plage, roulées en boule, l'une contre l'autre. et puis un grand rasta nous a réveillées pour nous taxer une clope qu'angel lui a filé (à cette époque je ne me faisais pas insulter qd je répondais "non j'fume pas" maintenant oui). il a roulé son join, nous l'a filé (à cette époque je ne me faisais pas insulter qd je répondais "non j'fume pas" maintenant je fume). et puis il nous a demandé si on comptait dormir là, on a dit que oui et il a dit qu'on devrait pas, que si on voulait il avait une tente dans un camping pas loin, qu'il nous la prêtait puisqu'il allait faire la fête avec ses potes toute la nuit. on a dit oui sans hésiter, sans se dire ce que vous êtes en train de vous dire là en lisant. on est arrivées au camping, il y avait sa bande, super sympa. on a picolé un peu et puis on est allées se coucher. et le lendemain matin, quand on s'est levées, on a vu que ceux à qui on avait piqué la place avaient dormi dehors. et on s'est dit que quand même on a eu de la chance. (de toutes façons avec angel on a tjs eu la tête en l'air et beaucoup de chance. beaucoup beaucoup.)
la deuxième fois que je suis allée aux francos, c'était moins roots. je partais en tgv que j'ai pris à l'heure sans courir et j'avais mon billet depuis un bon mois. j'allais voir l'éternel prohom jouer sur scène un set que je connaissais déjà bien par coeur, entourée par une bonne partie des gens du forum bleu. je partageais ma chambre avec le mec le plus lourd du lot mais c'était pas très grave. l'important c'était d'avoir ma dose et cette fois j'avais prévu le logement. et puis sous ce ciel couvert de la rochelle, nous avons déambulé dans la ville, tranquillement. ce n'est qu'au bout de quelques heures, vers le soir, quand j'ai vu que j'éclairais plus la scène que les projecteurs prévus pour ça, que je me suis rendue compte que les nuages m'avaient brulée au 2ème degré. comme un malabar bi-goût, mon débardeur était tracé sur ma peau. mes épaules se sont mises à gonfler. puis quelques jours après à crevasser, puis à sécher comme une peau de poulet qu'on aurait bien fait griller aux herbes. puis quelques jours encore après, la peau s'est mise à craqueler et ça a duré des semaines. des mois après, on voyait encore la trace de ce débardeur que je portais ce 13 juillet 2004.
la troisième fois que je suis allée aux francos, c'est ce débardeur que j'ai mis. je me suis décidée la veille. prohom jouait encore, j'avais très envie d'y aller et ma pote de forum a insisté suffisament pour que je dise oui. je n'avais encore pas de billet cette fois-ci, ni de chambre mais ma crème solaire indice 50+ (comme quoi on apprend de ses erreurs parfois). mais cette fois-ci je ne suis pas restée derrière la palissade, au contraire. j'ai pu bénéficier d'un bracelet back-stage pour voir le show et bien plus (non pas ça, vilains coquins), pour ravir mes yeux, mes oreilles et mon coeur. et puis je n'ai pas non plus dormi dans la tente d'un rasta qui aurait pu être un psychopathe, bien au contraire. j'ai partagé son lit avec ma pote, le temps de quelques heures avant de rentrer chez moi.
sur le trajet du retour, j'étais contente de m'être rendue compte que finalement tout était bien organisé. mais je me suis aussi dit que ça laisserait moins de traces dans le temps, peut-être, par manque de rebondissements et de loufoquerie. et puis j'ai levé les yeux sur mon voisin d'en face et je l'ai vu à 8h du matin se taper une saladette qu'il était en train de couper avec son coupe-ongle...
13 juillet 2007
Chienne de garde
aujourd'hui je déteste les garçons! aujourd'hui je ne veux pas en voir la queue d'un! aujourd'hui je suis en guerre.
déjà parce que le mien, de garçon, il me dit un truc qui me fait hurler de éméléfisme (adhérente du mlf quoi fais pas ton garçon à rien piger). il part en déplacement 2 jours la semaine prochaine et quand je lui demande si je pourrais avoir la voiture il me répond "bein et comment j'vais à la gare?". alors je comprends que la perspective de prendre le bus avec son paletot ne l'enchante pas, moi-même ça me gave. mais je le fais quand même et je me dis que ça peut-être plutôt pas mal que je puisse avoir la voiture le soir pour éventuellement bouger, me sentir un peu libre, un peu à l'aise. genre aller au cinéma, même toute seule puisque mes amis ne sont pas à portée de ciné. mais il me dit que si je vais pas au cinéma c'est pas grave, que je peux regarder la télé. parce que c'est sûr, une voiture est beaucoup mieux garée plantée sur un parking pendant 2 jours qu'à me rendre service. j'aurais tué, fait une offrande à la déesse des amazones quand j'ai entendu ça, j'aurais pris le sécateur pour lui couper la queue et le miel pour l'épiler poil par poil!
et puis ensuite je suis allée prendre mon bus (oui parce que moi en fait le bus j'adore). je ne suis pourtant pas habillée pouf' ou chaudasse, je tortillais pourtant pas mon cul en me passant délicatement le bout de la langue sur mes lèvres pulpeuses, non. j'étais en jupe portefeuille rouge et noir qui laisse à peine dépasser mes pieds, en ballerines noires qui m'ensanglantent les talons (ceci dit c'est plutôt coordonné mais bon) avec un ticheurte noir tout simple, mes lunettes de mouche et mon air aimable. pas de quoi éveiller le marc dorcel qui sommeille en eux. et pourtant, y a un connard qui m'a klaxonnée comme si un danger imminent se présentait à lui et qui disait "attention attention ma jolie t'es bonnasse, j'ai la queue qui dégorge viens m'aider vite vite regarde moi je suis là je suis beau je suis prêt". il a ralenti et il m'a toisée de haut en bas un peu comme s'il était au rayon boucherie en choisissant son escalope de veau en levant et descendant ses sourcils genre gros dégueulasse. j'ai rien dit, rien bougé, rien fait. au pire j'aurais dû m'avancer en lui souriant et aller lui tarter sa gueule de gros connard.
alors forcément ça, les garçons ils le comprennent pas. ils trouvent toujours exagéré qu'on le prenne mal et que ça nous froisse. mais les garçons depuis la nuit des temps ils ne sont pas sous le joug des mecs à essayer de pas leur appartenir, à essayer d'exister autrement qu'à travers eux. et moi aujourd'hui je pars en croisade, parce que j'en ai marre d'être un être inférieur dompté par leurs pulsions ani-mâles.
10 juillet 2007
Souviens-toi l'été dernier
il y a un an, j'explorais ma partie sombre. un côté si noir qu'il m'en effrayait, si dur qu'il m'en coupait le coeur et l'âme.
la chute brutale d'avoir été une amoureuse éconduite 2 fois de suite m'avait ébranlée au point de ne plus trouver le sommeil naturellement, au point de devoir réfléchir avant de faire chaque chose et de prendre un médicament pour pouvoir y arriver. tout me demandait un courage que je n'avais pas mais que je me forçais à trouver pour ne pas accepter d'être morte. je me réveillais le matin, tordue en deux de diarrhées d'angoisses et ne pouvait me lever qu'une bonne heure après avoir ingurgité mon médicament, pour me permettre de me trainer au boulot. je me calfeutrais dans mon mp3, mon cahier dans mon sac pour dégueuler les mots que j'irais coucher ici, la main crispée sur mon kleenex, la boite de médoc pas trop loin. je ravalais en apéro un p'tit comprimé avant de trouver la force d'aller déjeuner à la cantine où je n'étais qu'un corps gris qui ne participait à aucune discussion, les yeux dans la douleur. et je faisais trainer les journées au boulot tellement rentrer m'angoissait encore plus. je me forçais à programmer des sorties tous les soirs, même de celles qui vous coutent et ne vous intéressent pas. tout pour ne pas être seule, tout pour avoir un peu d'air et essayer de respirer au moins 1 seconde sans y penser.
je ne me reconnaissais pas, je nageais dans mon côté sombre, essayant d'y trouver du constructif, de me dire que naitrais peut-être de ça une passion pour quelque chose, même le noir. mes réactions n'étaient plus les mêmes, mon corps prenait le dessus.
aujourd'hui, j'ai l'impression que je suis éloignée de ça. que j'ai fait un pas et je ne souhaite pas me souvenir de cet état dans mon corps. la mémoire me suffit, les réactions je m'en passe. je suis fière de me dire qu'un an après, aussi fragile que cette guérison soit, j'ai avancé vite. mais je n'oublie pas.
et aujourd'hui, mes deux amies proches sont en train de vivre ce moment si détesté et pourtant si marqué de ma vie. l'une, après avoir essayé de la rassurer à distance, est partie à l'hosto avec le samu appelé par des voisins. l'autre, assommée de pillules au fond de son lit, se demande si elle ne doit pas aussi y aller. y retourner. encore.
je me sens terriblement touchée. j'ai envie de pouvoir d'un geste de la main panser leurs blessures, effacer leurs bleus d'un bisou magique. je voudrais pouvoir être là, près d'elles, les soutenirs vraiment. mais je sais assez ce qu'elles vivent pour comprendre qu'elles ne sont pas en mesure de me croire quand je tenterai de les rassurer. je ne peux rien faire d'autre qu'être là, de dire que je sais, de dire que je les aime, que je suis là même si je suis loin. je me sens tellement impuissante face à ce qu'elles espèrent.
ça n'est pas tout à fait comme si je le revivais à nouveau. mais ça matérialise ce à quoi je me mettais à repenser depuis quelques jours, les souvenirs enfouis. et ça me fait douter, de la rechute et de ne pas y arriver. à les rassurer, à les sauver, à les aimer assez pour que ça les apaise. et j'ai mal. et j'ai peur.

