Je déteste l'espoir

Il m'a toujours vomie, il m'a toujours fait boire, m'a toujours endormie

29 novembre 2007

Non c'est non

en septembre je rencontrais cette armée d'espagnols en costard pour un poste dont je n'avais rien à foutre et ça tombait plutôt bien parce qu'il ne m'avait pas embauchée. ils avaient, il paraît, longtemps hésité avant de faire le choix de la candidate (non ça n'est pas une contrepètrie) et puis à peu de choses près m'avait-on dit, ils avaient préféré l'autre.

en octobre, ils faisaient le point sur leur activité et se sont rendus compte qu'ils avaient besoin d'une seconde personne pour exactement le même poste. alors en novembre, ils ont demandé à me revoir.

et finalement je n'ai encore pas été retenue. alors je me demande dans quelle mesure ces gens ne sont pas d'ignobles salopards sadiques hein?

de toutes façons, j'm'en fous, je prends ceci comme un signe. celui d'être totalement disponible corps et âme pour mon prochain entretien: le poste parfait.

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23 novembre 2007

28 semaines plus tard

il y a 6 mois, jour pour jour, heure pour heure, je quittais mon paris pour son bordeaux. coincée à l'avant du camion kiloutou loue presque tout, baghera sous les pieds dans sa cage, le boudin de chien haletant sous la canicule environnante de la cabine sur les genoux et mon père, au volant, insultant le gps qui ne lui donnait pas les indications que lui connaissait (à quoi bon avoir un gps dans ce cas-là? va comprendre charles). l'espace d'une journée, je me retrouvais en suspens, plus là-bas mais pas encore ici, tatouée des au revois difficiles que j'avais dû faire la veille, tétanisée par la peur d'un avenir que je ne m'imaginais pas du tout, effondrée d'avoir dû tout boucler en temps et en heure et de n'avoir si peu dormi. en quittant le trottoir rue olivier de serres, en disant au revoir à ma dodue et au jour noir, j'avais fondu en larmes de cette décision et entre 3 sanglots j'avais articulé à mes parents, réunis pour l'occasion, "nan mais j'suis super contente hein. ça se voit pas parce que ça me rend triste de quitter tout ça mais je vous assure que je suis heureuse. vous m'avez juste faite trop émotive".

après 6 mois d'observation et de tentative d'intégration, je sais ce qui me manque de paris et ce qui ne me ravit de trouver ici. bien entendu je ne suis pas encore complètement acclimatée mais je commence à prendre mes propres repères et à ne pas toujours passer pour une extra-terrestre.

dans les transports j'ai plus de mal. bordeaux a beau être une ville beaucoup plus petite et simple que paris, je me déplace toujours avec mon plan. j'ai le sens de l'orientation, plutôt même bien pour une fille mais les bordelais l'ont fait exprès c'est sûr de ne pas signaliser les lignes de tramway comme les lignes parisiennes. c'est une manière à eux de nous faire comprendre qu'on est pas les bienvenus ici et qu'ils feront toujours exprès de tout faire à l'inverse pour qu'on se perde. parce que la ligne a du rer à paris elle est rouge, mais ici c'est la b alors que la a est bleue ici mais rouge à paris (vous imaginez même pas comment là je suis obligée de relire pour vérifier que je dis pas de conneries). quant à la ligne c elle est verte, donc on peut supposer que la d sera jaune si un jour elle existe. totalement à l'inverse de paris. exprès pour que tu te ballades toujours avec ton plan et qu'on te repère!

la rocade aussi! moi je croyais que la rocade faisait le tour de bordeaux puisque tout le monde dit "ouais c'est notre périph' à nous". pauve nase! le périph il colle les boulevards, le vrai j'veux dire. et puis le périph' c'est un truc à part parce que t'as priorité quand tu entres dessus. et toi ta rocade de province, c'est une autoroute, la signalisation donne priorité à ceux qui sont dessus. alors te la joue pas avec tes grands airs. surtout que ta rocade là elle fait le tour de bordeaux oui, mais pas collée aux boulevards, rien à voir. ta rocade en fait c'est l'a86 et c'est pas du tout pareil. cette manie de vouloir nous copier sans nous égaler j'vous jure.

ici il y a peu d'escalators contrairement à paris. parce qu'ici les escalators te font perdre du temps. c'est simple à paris, ça t'en fait gagner puisque ça te permet d'accélerer ta cadence pour attraper le métro 2 mn plus tôt que si tu l'avais pas eu. grâce à eux, tu peux sans le savoir, prendre le dernier métro avant qu'il y ait un problème technique qui va bloquer la ligne 1 qui t'amène à la défense pendant des heures. les escalators à paris c'est essentiel parce que les minutes sont de l'or. ici, à bordeaux, un escalator te permet le repos puisque tu dois te laisser balader. d'ailleurs, avec mes vieux réflexes de parisienne qui marche toujours je me suis déjà faite insulter plusieurs fois. ici se reposer on s'en fout, on a le temps puisque les secondes ne s'écoulent pas de la même manière qu'à la capitale.

quand j'habitais à paris je ne regardais jamais sébastien folin et sa météo. je n'avais pas besoin, je regardais la tronche du ciel et je savais si j'allais avoir froid, mouillé ou trop chaud. c'était comme une deuxième nature, la météo était induite en moi. alors ici, au début, je n'ai pas changé mes réflexes. c'est pourquoi la première fois que j'ai eu à sortir seule dans le monde civilisé j'ai jeté un oeil au ciel gris souris et je me suis couverte de mon anorak, de mon foulard et de ma capuche. très vite je me suis rendue compte que l'autochtone était en ticheurte et je l'ai pris pour un barje. mais très vite aussi je me suis rendue compte que je crevais de chaud et que ça en était limite insupportable. depuis mes sens sont un peu confus et je ne sais jamais trop comment me couvrir. une chose est sûre c'est que pendant qu'il fait moche à paris, globalement il fait toujours meilleur ici!

tout ça a été assez simple finalement, il m'a fallu me servir de mon intuition pour comprendre les différences et chercher d'autres repères. ce qui m'a finalement le plus étonnée c'est le langage du coin. au début, mon alien commençait toujours ses phrases par "tu sais je vais en déplacement là-bas jeudi" ou "tu sais il a pris son téléphone et..." et ça me faisait hurler. non bordel je sais pas, si tu me le dis pas avant je sais pas que tu pars en déplacement tel jour, non je ne sais pas que machin a pris son téléphone. si tu me le dis pas, comment tu voudrais que je le devine? ça m'a sérieusement fait faire des crises d'hystérie du genre "tu vois tu me caches des trucs" ou encore des "non tu me l'as pas dit mais arrête de dire que tu me l'as dit putaing". bref, ça nous foutait hors de nous, ma parano et moi. et puis un jour j'ai compris, je sais pas bien comment que "tu sais" valait l'équivalent de mon "tu vois" de fin de phrase. et là tout est devenu limpide. comme quand j'ai compris que "c'est ça" signifiait que ma blague un peu corrosive avait été comprise par l'assemblée et que j'ai donc pu commencer à baisser les armes.

par contre je reste toujours estomaquée par les expressions spéciales sud-ouest que j'entends. ici ils ont une manière fort peu délicate pour dire beaucoup, vachement. par exemple, là où toi tu dirais "y a vach'ment de gâteau au chocolat dis-donc" eux ils vont te balancer un "purée y a gavé de gâteau au chocolat", quand tu trouves un truc super bien eux ils le trouvent gavé bieng. tout est gavé et ça fait un peu gitan comme discours parfois.

et puis ici il y a un problème majeur que personne ne semble mesurer. il n'y a qu'un seul ikéa alors qu'en région parisienne t'en as une tripotée. ça peut te sembler pas très grave à toi petit parisien parce que tu te dis qu'à bordeaux y gavé vachement moins de monde qu'à paris. c'est pas faux. sauf que tu n'as pas pris en compte que c'est toute la région qui se déplace dans ton ikéa puisqu'il n'y en a pas d'autres. alors fini les nocturnes silencieuses où tu errais de canapé en tabouret de bar puis à manger du saumon rösti et du gâteau au daim dans le silence avec ton keul. ici les nocturnes permettent aux plus éloignés géographiquement d'avoir le temps de venir et de profiter. et pour tous les services publics tels que la préfecture ou le tribunal c'est pareil. il y en a moins mais il y a plus de monde orientés dessus. et dans ces moments là tu viens à en regretter la profusion et l'exagération du confort parisien.

le reste je m'y fais, la douceur des réveils, le jardin exposé plein soleil jusque 15h en hiver, les apéros les pieds dans les bambous, les pieds dans l'eau (froide) mi-octobre comme une parisienne qui voit jamais la mer, les mojitos à 4,50€ tapas offertes, les grandes forêts de pins et sa peau blanche contre la mienne toute la nuit.

ce qui me manque le plus finalement ce sont mes amis, pouvoir aller boire un verre d'un coup d'bagnole et puis rentrer dans mon nid douillet. ce qui me manque c'est mon autonomie condamnée au prix de notre vie commune. pas souvent, mais à choisir j'aurais tout pris. les amis, lui, mon célibat, notre union libre, mes ikéas, ses longues plages, les mojitos à pas cher, la mutlitude de concerts, la foule et le désert.

Photo_0109

mi-octobre ici alors que tu croises des ours à paris


je sais pas pourquoi, je trouve que 150 écoutes depuis ce matin c'est pas assez.
je vis avec un obsessionnel et j'assume
!

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20 novembre 2007

Tête à claques

je crois que je vais finir par les laisser dans leur merde tout ceux qui ne regardent que leur nombrils diamanté. parce que ça commence à bien faire de tendre mes bras à ceux qui pensent qu'il faut se bouger le cul en permanence et que personne n'a le droit à l'erreur, ceux qui jugent de leur fenêtre croyant planer dans les hautes sphères et qui ne tendent la main à personne.

ma soeur me demande pourquoi on est triste, mon alien et moi. je lui explique calmement sans trop rentrer dans les détails pour ne pas attaquer de front le gouvernement qu'elle a élu. c'est le monde qui nous rend triste, c'est ce que les plus forts font au plus faibles, c'est ce que ceux qui ont les dents longues font comme fissures au sol et écorchent au passage ceux qui préfèrent marcher au sol que de voltiger là-haut pour snobber le monde.

alors elle me dit qu'on est pas si mal que ça. oui c'est vrai, elle et moi et les gens qui nous entourent on est pas si mal que ça. nous. encore qu'il faudrait quand même faire gaffe, à croire qu'on fait partie de là-haut, on comprend pas bien qu'on se scie nous-même la branche sur laquelle on essaye de rester accrochés. et je tente de lui expliquer sans m'emporter que tout ce qu'elle a aujourd'hui, si y avait pas des hommes et des femmes qui s'étaient battus à un moment donné, elle ne l'aurait pas et qu'il faudrait peut-être s'y mettre à notre tour plutôt que de savourer tout ça un cocktail à la main. je lui pleure mon dégout de voir que ceux qui nous gouvernent laissent des gens dans la rue, mourir de faim, de froid, de maladie, de manque dignité et d'espoir.

je me dis qu'à un moment donné je vais la toucher dans son jean pimckie taille 34 et son p'tit top jennyfer rose putasse, qu'à un moment ça va lui faire de la peine. et pourtant, elle sort une réplique à laquelle je m'attendais pas, parce qu'à mon sens personne ne peut assumer une telle pensée.

"il faut être réaliste, un monde parfait ça n'existe pas. et il faut des pauvres pour avoir des riches" (le tout en langage sms s'il vous plait).

je suis sur le cul. vraiment. j'ai rétorqué mais je suis sur le cul. j'espère qu'elle va se prendre une grande claque dans sa gueule. sauf qu'elle aura toujours des gens autour d'elle qui la laisseront pas crever. et moi la première.

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19 novembre 2007

Avis de recherche

ça fait 6 mois que mon soutif favori a disparu. parce que oui j'ai un soutif favori. c'est un chantal thomass. jna l'appelle le batsoutif parce qu'il a un peu la forme des ailes de batman, moi je l'appelle mon soutif. je l'ai depuis 3 ans et je n'ai jamais été aussi bien de ma vie que dans ce soutif. il remet à une place loin derrière tous les autres qui existent sur le marché ou dans vos tiroirs! c'est le soutif de ma laïfe. il m'avait été offert en cadeau de départ d'un de mes boulots. en fait, sous forme de bons d'achat mais vu le prix, je m'en étais servi pour me faire un grand plaisir.

j'ai d'abord cru que je l'avais jeté dans un coin de sa grotte sous un tas de cerf-volants dans une frénésie sexuelle sans égale et que je l'avais oublié là, parce que je me souviens très bien cette fois où nous avions consommé notre non-mariage sur mon matelas parisien fraichement déménagé et jeté à moitié contre le mur et par terre. alors j'ai retourné tout son bordel, morceau de tissu par morceau de tissu et je ne l'ai pas trouvé.

j'ai ensuite accusé jna de me l'avoir piqué lors d'un de mes squatts chez elle. parce que j'accuse toujours jna de ce que je perds, un peu comme elle m'accuse toujours de sa vaisselle non lavée (d'ailleurs, jna, pourrais-tu me rendre ma virginité? wa c'est bon j'déconne!). j'ai même fouillé du regard chez elle sans lui dire, j'ai scruté l'air de rien comme si j'allais la prendre en flag mais je n'ai, là encore, rien trouvé.

je me suis ensuite dit que si ça se trouve, il me l'avait arraché sauvagement lors d'un ouikaine chez sa mère et que dans cette excitation mutuelle nous l'avions fait glisser sous un lit ou une armoire. mais la fois d'après quand nous y sommes allés je ne l'ai pas trouvé. et toutes les autres fois où j'ai regardé partout non plus. alors je me suis dit que la femme de son frère avait dû le trouver, elle, et qu'elle se l'était gardée parce que son mec a même pas les moyens ni le goût ni le talent de lui offrir un chantal thomass! et quand on a été chez eux cet été, là encore j'ai scruté telle charles frémont qui cherche un sale coup à faire (oui je sais, je reprends souvent cet exemple mais vraiment, c'est le meilleur homme suspicieux que je connaisse, gloire à charles frémont!) et là encore, vous devinerez quoi, je l'ai pas trouvé. ça ne m'empêchait pas de l'insulter tous les jours et de me dire qu'elle en avait bien profiter la connasse.

lors de mon anniversaire, du monde venait à la maison, alors comme j'avais déplacé les meubles, je pensais le trouver gisant quelque part appelant mes seins au secours. mais je suis encore restée bredouille. j'avais donc placardé la maison d'affichettes en offrant une récompense à qui me retrouverait mon porte-bonheur.
d'ailleurs cette fois-là j'avais aussi perdu mon vernis noir et ma carte de bus! la maison avait fière allure avec tous ces petits post-it partout. même ma nièce de 8 ans s'était mise à chercher quand je lui avais expliqué que la récompense serait son poids en bonbons. elle non plus n'a pas eu plus de chance que moi.

alors je me suis faite une raison, j'ai pris un air profondément triste comme je sais si bien faire, un peu comme le ciel aujourd'hui, et je me suis dit, en m'insultant de tous les noms, que j'avais dû me planter et le laisser trainer dans le carton de nos fringues destinées à emmaüs et qu'aujourd'hui une tchecoslovaque devait certainement ranger ses seins dans la maison des miens. d'ailleurs je me forçais à plus y penser et pour ne pas raviver la douleur je ne mettais même plus le petit string coordonné devenu veuf.

et hier après-midi, en cherchant des grosses chaussettes pour réchauffer mes petits pieds tout gelés, j'ai retrouvé mon soutif mal rangé qui m'a souri et m'a crié "maman!". depuis la vie est un p'tit peu moins grise. et ce matin, j'ai reformé la famille en portant mes dessous tant adorés, je ne fais que m'admirer dans la glace alors que je devrais plutôt penser à aller m'habiller, histoire de ne pas mourir frigorifiée.

le_temps_de_la_sduction_chantal_thomass
j'en jette non dans mon ensemble. non?
(photo piquée sur le blog de patrick antoine)

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16 novembre 2007

Et tu sais quoi?



rhaaaaaaa lôvely total! hep' si t'aimes hésite pas à solliciter ta salle de concert préférée pour qu'elle programme cet homme magnifique, drôle, rock, sensible, humain, râleur et... bref! cours-y vite avant qu'il ne puisse être trop tard!

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14 novembre 2007

Mille pattes

je n'ai pas besoin de chaussures c'est un fait. la malle de l'armée russe qui trône dans le couloir en est la preuve. 6 paires de doc's (toutes différentes!), une de tongs, claquettes, babouches, bottines, cuissardes, escarpins à talons, converses et mes vénérées ballerines rocket dog.

mais voilà j'avais pas prévu d'aller trainer dans les magasins cet après-midi. je pensais juste rentrer par la rue ste cath' en me promenant. je pensais pas mettre mon nez dans la nouvelle collection rocket dog qui tue sa mère sa race la pute bourgeoise.

c'est à dire que ça m'a mise d'abord complètement en extase ce modèle klash black de petites ballerines discrètes et satinées. cette matière différente qui te donne un prétexte pour dire "bein non tu vois chéri, ce sont des ballerines d'hiver celles-ci n'ont rien à voir, il me les faut donc, nous ne sommes plus en été" alors que t'auras toujours autant ton pied à l'air que dans celles en tissu. ensuite je crois même que j'ai eu un orgasme quand j'ai vu le modèle klash punk black et le pink aussi ouais et puis toutes ces autres qui brillaient de mille feux, que ma tête a tourné et que j'en ai presque perdu l'équilibre quand j'ai vu le prix. parce que soyons honnête, même si j'en avais les moyens, 50 euros c'est un peu du foutage de gueule de pieds (quoi que quand tu vois que chez ashémerde un pull te coûte déjà 30 euros et que t'en as qu'un, là au moins pour 50 t'as deux produits! -je me cherche les excuses que j'veux d'accord?).

je ne suis pas à cheval sur les marques, je mets moins que rien dans la plupart de mes godasses à part pour mes doc's qui doivent être martens, mes tongs qui doivent être cool et mes ballerines qui doivent être rocket dog. j'ai trouvé chaussure à mon pied pourquoi irais-je voir ailleurs si c'est moins bien?

alors je surfouille sur tous les sites répondant à la requête dog (ha ha) dans gogol et je fantasme total en essayant de hiérarchiser quelle paire il me faut absolument plus que les autres.

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des rocket dog pour rocket girl ça l'fait nan?

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13 novembre 2007

Little miss sunshine

le soleil brille et chauffe la pièce où j'ai élu domicile pour ton mon barda à moi, j'ai chaud alors en culotte ma brosse à cheveux à la main en guise de micro, je fais la comédie musicale de ma vie en playback. je n'ai pas eu le poste dans la boite de marketing mais c'est pas grave, ce matin je suis une star internationale de la chanson et je fais la couverture de vogue dans une robe de plumes et de poudre de lave, coiffée de papillons noirs dans mes cheveux rouges fumant avec un porte-cigarette léopard.


à quoi ça sert de faire des vêtements si on peut rien faire dedans?

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12 novembre 2007

Sorties de secours

à un moment il a ouvert le frigo et il y avait des bulles en bouteille dedans. ça a donné le top départ pour de la vie dans mes veines. d'un coup j'ai tout oublié et j'ai trouvé la vie infiniment légère. cette effervessence dans mon gosier pendant que bill muray déambule à travers l'amérique avec ses fleurs cassées glissait dans mon corps comme un antidote secret pour me raviver le teint. le préambule d'un ouikaine pour s'occuper de soi, de nous.

ensemble nous avons égréné un chapelet de pellicules où brigitte jaune s'évertue à se ridiculiser tellement qu'elle rendrait n'importe quelle fille déjantée complètement normale, où jim et selenia tentent de sauver l'humanité que j'ai même pas eu besoin de me blottir contre lui pour ne pas avoir peur, où le rayonnement éternel de l'esprit parfait de kate aux cheveux bleus, orange ou verts ne m'a presque pas extirpé d'émotions (shame on me je sais).

et nous avons déambulé dans la rue où il fait déjà nuit après avoir visionné avec attention du lard contemporain qui ne nous aura pas touché; nous racontant, devant une magnifique fille qui essaye une magnifique robe meringuée, comment serait la cérémonie si on se mariait, fantasmer de toutes les provocations possibles puisqu'il ne s'agit que d'une histoire à inventer; nous rassurant que ça n'arrivera pas. que l'union libre est ce qu'il y a de plus sincère.

et puis tous ces mojitos, accoudés au bar, qui lui ont fait briller ses yeux et délier sa langue de ses secrets de drague, cette lâcheté qu'il a même pas été cap' d'aller chauffer la gonzesse par peur que le mâle rôde autour de moi. cette liberté qui soufflait dans mes collants arlequins et me donnait envie de voler dans les ruelles de la ville. ce cours magistral sur la fellation bien appliquée sur ma bouteille de despé. ces corps inconnus croisés, parfois frôlés qui m'ont fait me sentir si vivante, si joyeuse. et cette nuit agitée de boums dans ma tête tellement la cachaça était forte.

puis il se plaque sur moi. peaux contre peaux, bouches ventousées, sexes emboités, soupirs inspirés. puis je me colle à lui pour recommencer. et ça continue, encore et encore (et c'est que le début d'accord d'accord). et s'écrouler à ses côtés, repue, l'effleurant du bout des doigts pour le faire frisonner.

le froid encore dans mes jambes en terrasse à junkfood-déjeuner, à le regarder essayer de faire voler son nouveau jouet, à le photographier parce que c'est un crime contre l'humanité de ne pas immortaliser un homme qui dégage tant et à se réécouter des musiques qui ont rythmé d'autres histoires. s'apprendre encore un peu ce qu'on ignore de l'autre.

je mentirais si je disais que ce matin ça va bien. je me sens triste que la semaine reprenne son cours mais je sais qu'il entend mes souffrances et se bat contre mes démons. alors j'ai la tristesse joyeuse et la nostalgie positive.

Pauvre petite fille sans nourrice,
Arrachée du soleil,
Il pleut toujours sur ta valise
Et t'as mal aux oreilles.
Tu zones toujours entre deux durs,
Entre deux SOS.
Tu veux jouer ton aventure
Mais t'en crèves au réveil...
Tu fais semblant de rien,
Tu craques ta mélanco
De 4 à 5 heures du matin
Au fond des caboulots
Et tu remontes à contrecœur.
L'escalier de service.
Tu voudrais qu'y ait des ascenseurs
Au fond des précipices.

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08 novembre 2007

Eclats de vers

je ne sors quasiment pas, limite je sens le moisi. je passe mes journées à essayer de m'occuper en attendant de. de trouver un taf, des amis, une vie sociale en dehors de toi. j'essaye de m'occuper pour tuer le temps mais je ne prends pas souvent de plaisir pour oublier le découpage des heures ou des secondes. les journées sont rythmées par tes obligations. rien ne m'appartient.

je me regarde dans la glace et je suis grise, le regard pas très vif, le poil à peine soyeux. j'essaie de me trouver jolie quand je choisis mes vêtements pour ne pas juste me saper. j'y arrive de moins en moins. rien ne me ravit.

je ne sais pas faire les choses pour moi. si je range, si je lave, si je trie c'est pour toi. pour tuer ce temps libre qui m'est de trop et que je n'ai jamais su occuper. pour garder une constance et continuer de t'intéresser. alors pour ne pas fâner un peu plus aujourd'hui, j'ai pris les bd par les cornes et j'ai fait de la place sur l'étagère.

mais je ne peux plus avancer. je ne peux plus trier tes affaires quand tu n'es pas là. je n'ai plus l'envie de tomber par hasard sur ces mots d'amour qu'elle t'a couchés sur du papier. ces déclarations que je n'ai pas toujours la force d'ignorer. ces appels à l'amour qu'elle t'a formulés. ces mots qui éblouissent ma vue de mes larmes qui ne demandent qu'à rouler, cette tendresse que je n'avais nul besoin de voir exister tellement mon imagination est riche.

j'ai comme l'impression qu'elle est partout, qu'il y a une trace d'elle dans la buée du miroir de la salle de bains, que c'est son souffle qui passe sous la porte du garage. que cette bifurcation ne se fait pas si petite que ça. qu'on en est encore là.

je cherche inlassablement de quoi être fière de moi, de quoi savoir pourquoi tu m'aimes, de quoi ne pas me lamenter, de quoi ne plus pleurer. j'avais presque tenu aujourd'hui et pour une enveloppe dessinée, pour des promesses éternelles murmurées, pour tout ce que ça m'enlève et me vole, je me suis écroulée.

alors je ne veux plus ranger, je ne veux plus m'exposer à mes propres démons. quand tu n'es pas là, quand tu avances et que je reste bloquée. je ne veux plus parce que plus je meurs et plus ils deviennent grands. je veux danser, je veux boire et fumer, je veux rigoler, je veux m'amuser. je n'en peux plus d'être contenue dans ces archives de tes amours. je veux vibrer. parce que là vraiment je suis en train de m'éteindre.

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06 novembre 2007

Sang pour sang

on a fusionné jusque dans la culotte ma fille et moi. on a eu nos règles en même temps et la même tristesse qui va avec.

je suis gisante sur mon lit, elle est le regard vide dans son panier. je suis en larmes dans mon oreiller, elle couine contre son papa. je ne mange presque rien, elle touche à peine à sa gamelle. alors on se colle l'une à l'autre et on se renifle le nez, dans une communion de mauvaises haleines (c'est pas ma faute c'est l'ail).

la seule différence c'est que je porte de plus jolies culottes, même en ces mauvaises périodes.


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