31 janvier 2008
Appels à témoins
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toute personne normalement constituée de notre époque a forcément vu un jour dans sa vie "l'auberge espagnole" et "les poupées russes". au moins une fois. par contre toute personne un peu obsessionnelle (c'est à dire moi) les a déjà vu 4 fois au ciné et ne compte plus les retransmissions express en dvx. donc forcément, toute personne obessionnelle quand elle voit la paire à 10€ chaque à la fnuck, elle les achète pour les avoir enfin en qualité sympa.
et du coup, forcément, dès le premier soir toute personne obsessionnelle en introduit un dans le lecteur en s'enveloppant dans la couvertue que le chien a préféré reparfumer avec son odeur de mort plutôt que de garder la fraicheur printemps offerte par omo (je n'achète que de la lessive omo, car il faut défendre la cause!), dans un grand sourire et une impatience inévitables.
le problème pour toute personne obsessionnelle c'est qu'elle rigole avant la scène fatidique. elle connait tellement le film par coeur faut dire. alors elle rigole et même par moment elle fait la réplique en avance. ce qui a le don d'énerver tout binôme de toute personne obsessionnelle (mais après tout chacun sa croix). mais le maxi problème c'est quand toute personne obsessionnelle a tellement vu le film qu'elle sait voir quand une scène a été coupée. et là c'est l'horreur! parce qu'elle ne sait pas si elle l'a rêvée ou si vraiment elle n'y est plus.
toute personne obsessionnelle demande donc l'avis du public à savoir "est-elle folle ou pas?" quant à:
- dans l'auberge espagnole: xavier remonte à paris pour voir martine qui fait sa chieuse pour changer. sa mère le raccompagne à l'aéroport et dans la voiture, elle le soûle tellement qu'il se met à lui hurler "ta gueule" dessus. oui? tu remets? bon. est-ce que dans ta version que t'as vu toi, le xavier ensuite il se calme un peu et en se marrant il dit à sa mère "p'tain m'man allez quoi". parce que là non. hop c'est coupé.
- dans les poupées russes: xavier va à la gare de londres avec wendy et voit isabelle sur l'écran géant de la rue qui diffuse bloomberg tv. plus tard, il est triste de repartir à paris, il reprend le même chemin qu'avec wendy mais là sur la tv on voit un journaliste moche et chauve et xavier en voix off dit que les mêmes endroits qu'on a aimés qd on est tristes ne se ressemblent vraiment pas. et bein ça non plus ça y est pas!
alors les dvd à 10€, je dis "oui" mais si c'est pour avoir que la moitié du film, je hurle "non"! (parce qu'encore là il s'agit des scènes dont je me souviens, je n'ose même pas imaginer qu'ils en aient enlevé d'autres dont je ne me souviens pas).
30 janvier 2008
D'après une histoire vraie
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j'ai pris mon bus en sifflotant, la BO de "28 jours plus tard" dans les oreilles. cette BO que l'homme a pompé directement sur la bande-son du film et qui ne m'épargne aucun "argh" ou "prrrt" d'empalement et d'agonie. en boucle. mon sourire était affiché bien plus haut que mes oreilles, pour une fois qu'elles ne l'arrêtaient pas.
je suis arrivée au bureau un peu en retard parce que le tram a merdouillé ce matin mais j'ai ouvert la porte avec toujours ce sourire collé à mon visage. ma grosse non-collègue martine, celle qui passe sa journée à machouiller bruyamment des tablettes de special k comme un hamster, en croyant que ça va la faire maigrir, ne m'a pas demandé ce qui me valait cet air niais. et nous n'avons donc pas eu cette conversation:
- dis-donc scrounch tu as l'air bien heureuse ce scrounch matin. il t'a offert un scrounch diamant?
- martine, combien de fois il faut que je te le dise? je n'aime pas les diamants et manger du special k ne te fera pas maigrir. passe plutôt au coca zéro!
- tu te scrounch moques toujours de moi. bon scrounch alors? qu'est-ce qu'il se passe?
- mon p'tit frère est vice-champion de franche-comté!
- (laissant tomber sa bouchée à moitié mâchée sur son magnifique caleçon sans pieds mauve coordonné avec ses mocassins à talons bleus marine de 1984) vice-champion de france ? waouh!
- nan martine, de franche-comté.
- ha ouais, c'est moins bien. scrounch vice champion de quoi?
- de franche-comté martine, je viens de te le dire! tu te planques des special k dans les oreilles ou quoi?
- nan mais de quoi? de scrounch golf?
- ha heu non. je sais pas. un truc qu'on tape pour gagner la bagarre. un truc de violents. tu sais, martine, on est des violents dans la famille. alors arrête de manger bruyamment sinon j'demande de l'aide à mon frère.
et puis, en allumant mon pc, dans les non-machouillis bruyants de martine, je pensais à sa joie d'avoir bravé ses interdictions médicales. il a un chicungugna au coeur (nan un drugada ou tagada, 'fin bref, trop d'efforts intenses peuvent le tuer raide mort), il a pas le droit de boxer en compétition mais il prend la liberté, sa liberté. et puis, en triant mes mails dans les non-bruits d'emballages froissés de martine la nigaude, je me suis dit que même si c'est pas sérieux, même si un jour on le retrouvait au tapis pour de bon, sa liberté c'est de faire ce qu'il aime. et ça me consolerait. un peu.
29 janvier 2008
La fièvre du samedi soir
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afin de préserver l'intégrité, l'honneur et la réputation des personnes dont il s'agit, les noms et les lieux décrits dans cette note auront été transformés (tu penses).
c'était un ouikaine de décembre. un ouikaine où il fait froid et humide comme dans notre région à cette époque. boukledor était venue passer du bon temps à la maison. après avoir traversé la france au volant de son bolide, elle nous avait rejoints dans notre grotte toute rangée et nettoyée (attends quand on reçoit boukledor, on fait les choses bien hein). cette fille m'étonne chaque fois que je la vois. elle est sans défaut, j'ai beau chercher depuis des mois maintenant, je ne lui en trouve pas. ni trop grande, ni trop petite; ni trop grosse ni trop maigre; ni trop intelligente, ni trop bête; intéressée de tout, souriante, pleine de vie, toujours enjouée. bref, le bon dosage dans le flacon pour passer chaque fois un agréable moment en sa compagnie. forcément ça rend un peu jaloux les autres mais pas moi, moi je m'en fous. je m'en fous même un peu que l'homme soit sous le charme puisque j'y suis aussi.
comme boukledor a un rythme de vie assez hyperactif, nous avions décidé de sortir en ville le samedi soir, aller siroter du mojito moitié prix enveloppés dans les vapeurs d'alcool et de fumées des autres convives puis enchainer avec un resto sympa. l'homme était entouré de deux filles très majestueuses et comptait bien en profiter en s'affichant dans les rues, dans les bars et brassant des liasses de billets sans honte aucune.
l'alcool aidant, nous avons commencé à parler aux garçons autour de nous, à se faire payer des verres et il paraît à danser, mais je nie totalement que c'est moi qui ondule mon corps au rythme de la salsa sur le petit film vidéo que boukledor a fait. parce que boukledor elle a aussi tout les appareils qu'il faut pour les moments qu'il faut. une photo? hop elle a un appareil; une interview? hop elle te sort son dictaphone; perdu dans la teste pour rejoindre la méga fiesta du jour de l'an? c'est la faute de son gps mais c'est parce qu'un gps, elle en a un.
l'alcool a commencé à tourner nos têtes sans qu'on s'en rende vraiment compte et il était temps pour nous de quitter le temple de l'alcool-qui-coule-à-flots pour un endroit plus feutré qui pourrait nous garnir l'estomac et ainsi éviter quelques désagréments d'ordre gastrique.
alors nous avons quitté le latino bar pour nous diriger vers un endroit dont j'ignore l'adresse. et puis en cours de route, il paraitrait que nous ayons changé d'avis et que nous ayons décidé de rentrer à la maison finir la quiche. ça, je vais vous le dire, je ne m'en souviens pas (d'ailleurs étrangement aucun de nous ne s'en souviens, si ça se trouve c'est d'autres gens qui nous ont donné un ordre hé). non non, je me souviens juste à un moment donné que notre capitaine de soirée (donc pour ceux qui connaissent pas la tradition, celui qui conduit donc celui qui ne boit pas ou alors boit raisonnablement de manière à pouvoir conduire ensuite), avachi sur la barre du tramway, nous a dit en arrivant à une station "faut que j'sorte", s'est plié en deux et a tout versé sur le bitume les verres gratuits qu'on avait eu tant de mal à obtenir!
quand le tramway suivant est arrivé, boukledor et moi, trempées par la pluie battante et nos petites tenues de pétasses du samedi soir, on a voulu remonter et en guise de réponse on a entendu un "eeeeuaaark" et là on s'est dit que sam (le capitaine donc) allait avoir du mal à nous ramener à la maison, si tant est qu'il survivrait à cette nuit torride. quand j'ai vu que plus le temps passait plus il perdait conscience de la situation et de la gravité opérée sur son corps, telle une héroïne de mangas, les seins relevés vers l'avant et la taille épaisse comme un capuchon de stylo bic, j'ai pris les clés de la voiture garée à quelques kilomètres de là, j'ai laissé boukledor s'occuper de papa ours (lui tenir l'index sur la glotte en fait) et je suis partie tout droit chercher l'ambulance. enfin tout droit... aussi droit que j'ai pu.
le plus dur a été de ramener la voiture à l'endroit du gerbouillis petit poucesque, de conduire sans accroc sous la pluie et le vent, sans se faire choper par les keufs (parce qu'imagine toi t'es keuf et tu croises une voiture avec deux filles majestueuses à l'avant et un goret qui vomit par la fenêtre, forcément tu les arrêtes!) et sans se perdre dans cette ville encore trop inconnue pour moi, surtout à ce grammage (qui se rapporte à votre plumage).
une fois arrivés à bon port, boukledor et moi on a couché gainsbourg dans la chambre d'amis la tête dans la cuvette sur le côté (comme les bébés pour pas qu'ils s'étouffent dans leur vomi) et on s'est fait un dîner presque royal. de temps en temps quand même j'allais vérifier qu'il était toujours de ce monde. j'ai finalement couché boukledor dans mon lit même si je n'y étais pas et je me suis allongée avec mon sang dans mes 9 mojitos sur le canapé du bas pour veiller le malade de pas trop loin.
forcément le lendemain matin, boukledor et moi on a charrié l'homme avec sa cuite qui, ne perdant pas le nord ni sa virilité, nous a sorti "non mais je crois que ça relève de l'empoisonnement, je ne vois que ça". genre, le mec il se prend une cuite et il te dit que c'est une gastro! bein tiens. moi aussi je l'ai déjà faite celle-là hein quand j'avais 14 ans et que je voulais pas que mes grands-parents me captent. finalement on a décidé de le croire, afin de nous taper toutes les deux le foie gras/pinard du dimanche sous son oeil agard de victime d'empoisonnement.
et puis le samedi suivant, au latino bar, il a pris un mojito qu'il n'a même pas touché. parce que maintenant on le sait, son empoissonement était au rhum!

pourvu qu'il ne choppe pas la gerbe en voyant la photo
28 janvier 2008
Scissor sister
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ma soeur no. après en avoir suffisament chié avec des patrons cons, a décidé d'ouvrir son propre salon de coiffure. la particularité de son salon c'est qu'il sera à domicile chez les gens n'ayant pas le temps d'aller chez le coiffeur. moi, sur le coup j'ai cru que pour les gens qui n'avaient pas le temps d'aller chez le coiffeur, elle leur proposerait une tête de rechange pendant qu'elle s'affaire sur la leur mais apparement non, j'avais rien pigé.
comme elle voudrait que sa boite marche plutôt bien, et je la comprends grandement, elle voulait un nom de salon qui soit percutant, moderne, tout en reflétant l'image de la beauté et qui fasse sérieux. alors elle m'a demandé des idées. moi des idées pour des noms, des titres, des phrases chocs j'en ai à la pelle. le problème c'est que comme je veux juste m'amuser un peu dans ce monde austère, des fois je fais des jeux de mots que les autres n'apprécient pas et qui, pourtant, j'en suis convaincue, sont géniaux.
alors je lui ai proposé "tête en l'hair" (puisque tu l'as compris, j'adore rigoler comme une bossue avec les mots). mais elle m'a répondu "mais il faut que ça fasse sérieux". moi je trouvais que c'était pas une super mauvaise idée et que je préfèrerai largement bosser chez "tête en l'hair" que chez "mario coiffure et barbe" mais elle en a pas voulu. alors ensuite je lui ai proposé "love is in the hair". bon là j'avoue que même si ça m'a faite marrer, c'est pas super facile à prononcer "lovizinzihère bonjouuuuuur". de toutes façons elle a levé les yeux au ciel alors j'ai tout de suite compris qu'il fallait que je continue ma quête.
là elle a continué à me raconter ses clientes potentielles et m'a informée qu'elle allait aller coiffer les mamies dans le centre spécial alzheimer près de chez elle. mon cerveau n'a fait qu'un tour dans ma culotte, je tenais là, le nom de société le plus in de tous les temps! mais elle en a pas non plus voulu de mon "alzheim'hair" parce que soit disant ça ferait pas rire les gens, la maladie c'est grave tout ça. j'ai eu beau lui expliquer que les gens si on les forçait pas un peu à se dérider rien ne les ferait jamais rire, elle a continué de dire non non non non non toute la journée elle a fait non non non non. la queue entre les jambes (pas la mienne) je lui ai proposé sans y croire un "royal hair force" et je me suis faite rembarrer qu'elle allait pas coiffer en treillis.
j'aurais dû abandonner là mais moi je suis têtue, surtout quand il s'agit de s'amuser avec les mots. elle a bien sûr refusé mon "capill' hair" et autre "mo' hair" et j'ai commencé à perdre patience. j'ai donc changé mon fusil d'épaule et j'ai ensuite cherché des expressions en "tif" pour rester dans le rigolo-ha-ha-ha-ha. mais là j'ai été vach'ment moins inventive alors j'ai laissé tomber parce que même mon "sou tif'" me faisait pas rire.
et puis un soir, végétant devant la télé, j'ai eu la révélation. elle qui voulait un truc simple, moderne, reflet de son talent de ouf en matière de lissage de mèches rebelles, elle allait être servie. alors j'ai pris mon portable et j'ai textohisé un "courant d'hair!" parce que vraiment là je m'étais surpassée et vraiment je trouvais que ça remplissait le difficile cahier des charges. et là vous me croirez (ou pas, mais si en fait vous me croirez, car je n'écris que la vérité rien que la vérité je l'jure) mais notre experte en communication et médias option CAP bigoudis m'a répondu (tiens-toi bien!) "trop furtif". je suis restée la bouche ouverte avec mon portable à la main sans savoir trop quoi répondre. trop furtif. nan mais ça veut dire quoi trop furtir madame la responsable de la communication de chez frisottis.net hein? sans déconner, "trop furtif". j'ai été vexée sur ce coup-là mais trop furtif quand même ça veut rien dire.
alors j'ai repris un texto tout neuf et j'ai proposé en tout dernier "dém'hair de toi". j'attends toujours sa réponse. (depuis je sais le nom qu'elle a inventé pour sa boîte et ça sonne tellement immobilier que je l'appellerai tous les jours pour lui demander si elle a des F2 à la location dans la région de verdun à me proposer. connasse!)


alors qu'en fait, tu vois, il suffit de s'inspirer des plus grands pour que ton commerce marche.
ils sont futés colette et guy!
25 janvier 2008
It's a kind of magic
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quand on est entrés dans la salle et qu'on a vu la moyenne d'âge du public, je me suis dit que c'était vraiment pas gagné ce concert. d'ailleurs il a pensé comme moi, celui que j'avais trainé de force à 100 bornes pour voir l'ovni dandy. l'installation du matos sur scène laissait forcément présager qu'il ne se passerait rien l'autre soir, rien de totalement déjanté: 2 chaises, 2 micros, 2 spots.
au début je me suis sentie un peu coupable parce que l'homme arrêtait pas de se moquer du public, du concert qui allait commencer bien à l'heure et se marrait en imaginant comment il allait bien pouvoir raconter cette soirée avec sa version remplie de mauvaise foi. évidement, pour quelqu'un dont le concert le plus mythique de sa carrière reste celui des cramps, que le chanteur était tellement défoncé qu'il a grimpé au rideau de la scène pour se casser la gueule depuis 4m de haut et continuer le show la tronche ensanglantée, ce soir-là ça allait être un peu maussade.
la salle était toute petite avec une allure de salle de spectacle d'une commune qui a quand même un peu de sous. si ça se trouve c'était même la salle qui sert à la fête des écoles et aux spectacles de danse des petits rats de la ville. la fosse avait été comblée par des chaises en plastiques comme on trouve dans les mariages cheap. bref, tout de quoi qu'il se moque ouvertement et même un peu trop fort.
et puis thomas est arrivé avec son accolyte et leurs 2 yukulélés. quand ils ont entamé "cosmos" j'ai été prise d'un fou rire très nerveux tellement je trouvais les arrangements vides de sons (forcément les arrangements au yukulélé ça va pas te décoiffer l'entrecuisse) et je me suis même dit que j'étais pas sûre de supporter cet instrument pendant 2 heures. moi qui n'entend jamais la basse dans les musiques, là je peux te dire que je remarquais bien qu'il n'y en avait pas. j'avais l'impression d'être une gosse en train d'assister à un spectacle de noël d'henri dès et ça me rappelait carrément ma soeur quand elle faisait ses horribles concerts de guitare sèche.
et puis petit à petit je suis rentrée dans l'univers particulier de cette sonorité, dans ces fables made in fersen qui te font croire à un autre monde que celui dans lequel tu tentes de survivre et quand il a entamé "pégase" j'ai senti des frissons me parcourrir tout le corps et les larmes me monter aux yeux.
le public était bien plus chaud que dans certains concerts de rock terriblement énervés, mais l'homme ne voulait pas reconnaître qu'il s'amusait comme un p'tit fou (je les voyais ses jambes remuer au rythme des loufoqueries fersenniennes). les rappels furent nombreux et chaleureux. la surprise résida dans l'apparition de deux guests non attendus: un harmonica et une flûte à bec (attends hé c'est à dire que là ça a tout déchiré). le clou de la soirée fût lorsqu'il entama sa petite danse bretonne seul sur scène avec entrain. les filles se mirent à hurler, les garçons à taper des pieds, les culottes à valser et mon yoj' à sourire. moi j'étais comme une enfant au cirque, en communion totale avec le spectacle auquel j'assistais.
et puis thomas s'en est finalement allé, avec son ami yukuléliste très dynamique et enjoué (d'ailleurs heureusement quand même sinon la soirée aurait été rude) pour nous laisser seuls remplis d'un bien-être sans limite et d'envie d'y retourner.
j'ai regardé l'homme qui en avait profité pour retirer ses godasses (nan mais la classe internationale ce mec) pour lui demander pardon, un sourire jusqu'aux oreilles aux lèvres tellement je m'étais amusée et puis je l'ai vu rayonnant me dire "nan mais j'ai bien aimé c'est juste un peu toujours la même chose". comme si eiffel c'était pas tout le temps des jolis mots mis les uns au bout des autres qui font des phrases aériennes qui veulent rien dire. genre.
si tu veux lire la so legen... dary mauvaise foi de l'homme tu cliques ici.
tu verras son article est super pourri et en plus il m'a même pas attendue pour le poster.
du coup pour me venger bassement, tu pourras bientôt lire ici une note qui raconte comment il a passé toute une soirée allongé dans un caniveau à dégueuler ses mojitos!
A bicyclette (heu)
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quand on est petits, on apprend à faire du vélo avec des roulettes. et puis un jour, nos parents décident que ayai, ça a assez duré, on peut retirer les p'tites roues. de mon côté je pense que les parents à ce moment là sont en mal de fous rires et de souvenirs pour plus tard. forcément, quand tu as l'âge de faire du vélo, tu te croûtes plus quand tu marches et tu écorches vach'ment moins les mots donc tu dis plus un truc du genre "c'est pour faire parler les bavoirs" qui fait hurler de rire ta famille pendant des lunes.
ce dont je me souviens aussi (la première fois que j'ai dû me lancer sans les roulettes, je voulais tellement pas y aller que mon oncle m'avait menacée de me filer une fessée si je le faisais pas. comme quoi j'ai bien changé, aujourd'hui je serai restée sur place avec une grande intensité dans les yeux) c'est que quand on t'apprend le vélo on t'apprend aussi les bonnes manières d'usage et un minimum de code de la route. rouler en file et non à côté sur la route, priorités à droite tout ça.
ce que je constate aujourd'hui, c'est qu'avec l'âge on doit oublier toutes ces bonnes manières parce que de nos jours quand on fait du vélo c'est sur les trottoirs. et moi, je suis pas sectaire comme meuf hein mais les vélos c'est sur la route bordel! parce que sur les trottoirs tu fais chier tout le monde et on est déjà bien assez.
mais j'ai confiance en notre sacro-saint gouvernement qui, après le contrôle technique pour les bécanes et le port obligatoire d'un gilet phosphorécent quand tu fais du deux roues motorisé et bien d'autres trucs qu'il va nous inventer, va certainement à un moment penser qu'il faut instaurer un permis à points pour les cyclistes qui font n'importe quoi que c'est l'orgie bordel sur la route ou la piste cyclable mais pas sur le trottoir! ça c'est la raison qu'ils invoqueront et tous les piétons seront d'accord avec eux mais en fait ça sera uniquemenet parce que plus personne roule en voiture et qu'il faut bien prendre de l'argent ailleurs. là où on peut le trouver.
alors forcément je suis assez contre mais si les gens étaient moins cons bordel qu'est-ce que ça serait plus facile. et je m'en fous de savoir que c'est parce que les voitures roulent mal et risquent d'écraser les cyclistes, les voitures ont qu'à faire attention, mais les vélos c'est sur la route!
24 janvier 2008
Qui va à la chasse perd sa place
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mon chef est parti en déplacement à londres, alors je lui ai piqué son fauteuil en cuir. parce que du doux moelleux ça n'est pas trop pour mes petites fesses rebondies.
Logique économique
j'ai toujours eu une logique toute particulière. enfin c'est pas moi qui le dit mais surtout mes anciens profs d'éco.
la première fois que l'un d'eux me l'a dit, il avait posé une question super simple. et forcément comme je savais répondre j'avais levé le doigt, le bras, le cul de ma chaise et je sautillais en faisant signe que moi, moi, m'sieur, moi! parce qu'à la question "les états-unis sont-ils un pays pauvre ou un pays riche" n'importe qui pouvait répondre. comme il a été étonné de me voir pour une fois dans sa vie un minimum intéressée par le cours, il m'a contentée et m'a interrogée: "un pays pauvre!". j'ai été super surprise quand j'ai vu le prof lever les yeux au ciel comme si j'étais la dernière des connasses et passer à quelqu'un d'autre. alors je me suis toute rassise sous les ricanements de mes faux camarades qui n'auraient pas dû se moquer de moi s'ils avaient été des vrais. j'ai plus osé prendre la parole devant tout le monde mais une fois que quelqu'un avait donné la bonne réponse le prof est revenu vers moi et il m'a dit "tu vois ça n'est pas un pays pauvre". sauf que ma réponse il l'avait pas prévue "pour moi, un pays où des gens meurent de faim dans la rue c'est pas un pays riche" et là il s'est encore décroché la mâchoire.
l'autre fois c'était un peu plus tard dans ma vie d'étudiante super studieuse. le mercredi on avait 4h d'éco d'un bloc et moi j'en pouvais plus. je m'endormais toujours tellement que je finissais à l'infirmerie sous une couette moelleuse à souhait. la question elle était pas facile facile là pour le coup alors j'ai pas levé le doigt. au contraire, je piquais du nez sur mon classeur. j'ai entendu vaguement un "quand la demande baisse, que se passe-t-il avec les prix?" et j'ai continué à comater dans mon coin. sauf que la prof apparement elle avait décidé que ça avait assez duré de faire croire qu'elle était soporiphique et elle a dit "alors rocket? quand la demande baisse que fait-on avec les prix?". d'un coup d'un seul il m'a fallu réfléchir très vite et sortir un truc pas trop con pour qu'elle me foute la paix et me laisse me rendormir. et puis ça m'est apparu comme une lumière, comme une révélation "on les augmente" j'ai dit. elle par contre, elle a pas fait la grimace, elle m'a gentiment demandé pleine d'agacement contenu "ha bon? et pourquoi?". "bein parce que si on en vend qu'un, au moins on aura gagné plus si on l'a monté à 200 francs que si on l'a laissé à 100". là elle a tourné les talons en grommelant que vraiment j'étais étrange et ensuite elle a décidé de me foutre la paix, jusqu'à la semaine suivante.
voilà pourquoi, alors que je n'ai pas encore touché mon salaire, j'ai déjà fait les soldes. parce que je pense qu'il vaut mieux dépenser moins quand on pas de sous que plus quand on en a. hé ouais.
23 janvier 2008
La terreur du bac à sable
les brûmes matinales s'étant dissipées, j'ai décidé d'aller m'acheter un sandwich pour le manger au soleil sur un banc près de l'église. c'est toujours mieux que de rester vissée 1h30 de plus sur cette chaise aux articulations saillantes qui me rentrent dans le moelleux des fesses.
j'ai eu du mal à choisir mon endroit, rester excentrée du parc aux gosses mais sentir la merde de chien ne me disait rien. alors j'ai choisi le moins pire, je me suis avancée près des bébés hurleurs et de leurs tourniquets et j'ai fermé toute écoutille pour ne me concentrer que sur mon poulet-crudités et mon journal gratuit distribué le matin à l'arrache de l'arrêt du tramway.
j'étais pas si mal, sous les arbres, la mine au soleil, les mains un peu fraîches. je me renseignais sur le monde avec un regard distant. j'étais pas si mal là, sous les arbres.
sous les arbres. grave erreur! un pigeon a chié dans mon sandwich. j'ai tout jeté, je suis rentrée, je suis vexée. je ne sors plus jamais voir des humains en vrai!
Le grand soir
ce soir j'ai rendez-vous avec Thomas (oui je mets une majuscule parce que quand même, c'est Thomas quoi).
la première fois que j'ai vraiment entendu parler de lui et que j'ai fait sa connaissance virtuelle, j'étais un peu émêchée totalement défoncée. j'étais à rennes chez ma cousine pour passer le ouikaine. c'était l'époque où je fumais beaucoup pour me cacher certaines vérités, l'époque où je savais pas rouler (maintenant je sais tjs pas rouler mais je fume moins voire plus - mais ça c'est parce que j'ai pas de magasin près de chez moi).
ma cousine avait fait l'effort suprême de rouler mais avait laissé des trous partout dans les feuilles, alors on avait découpé des petites bandelettes pour faire des rustines et notre pétard ressemblait plutôt à toutankhamon qu'à autre chose! mais on s'en foutait on était bien. avec ses grandes pattes de grenouilles et ses grands doigts de pianiste (ma cousine est totalement désarticulée de partout, comme mr jack) elle avait enjambé l'appartement en 2 pas et avait glissé le dvd de Thomas dans le lecteur, pour me faire découvrir.
la claque que je m'étais prise (toutankhamon aidant certainement aussi un peu), j'étais restée la bouche ouverte, les yeux fixes à regarder ce bonhomme tout étrange dont le son de la voix ne correspondait en rien au physique. il avait ce grave sensuel et rauque d'un homme dans ce grand corps gringalet de garçon. un tel décalage m'avait laissée totalement démunie face à cette découverte. j'étais conquise!
alors ce soir, comme Thomas sera par chez nous, je me suis faite jolie pour notre toute première rencontre et puis je trépigne aussi un peu d'impatience. je voudrais tellement ressentir le plaisir que j'avais eu quand je l'ai découvert. je voudrais tellement qu'il me transporte loin ailleurs dans ses chansons tendres et loufoques.

Thomas il se fait beau pour notre ce soir.
mais, même s'il me fait plâner jusqu'à ce que j'oublie tout.
jamais il ne me dira quand je pars travailler le matin
"fais-attention à toi, je n'ai que toi comme femme de ma vie"
je sais pas si ça marche, j'ai pas le son au boulot, je blog à l'aveugle.