Je déteste l'espoir

Il m'a toujours vomie, il m'a toujours fait boire, m'a toujours endormie

25 mars 2008

Amour, Prozac et autres curiosités

la maison paternelle commence à se remplir, nous sommes dans les derniers à pointer le bout de notre nez. pour la première fois depuis peut-être 30 ans, ma mère me dépose chez mon père en garant la voiture, en descendant l'allée, en entrant dans le salon parmi mon autre famille. ils se revoient et il se reconnaissent tout de suite et moi je ne regarde pas, non. je les laisse à leurs retrouvailles, je ne veux pas savoir si ça ébranle de retrouver ton ex-beau frère que tu n'as pas vu depuis l'âge de tes 25 ans. je ne veux pas violer cette intimité que je n'ai jamais vraiment connue, je veux les laisser. alors je me jette dans les bras de mes frères, contre leurs pecs et je leur parle avec mon accent gitan de quand on est tous ensemble.

les groupes se forment, tout le monde parle fort dans n'importe quel sens. je me tais et je me dis que personne ne se dit trop rien. ma mère est coincée entre deux autres corps et semble un peu chamboulée par tout ce brouhaha ambiant, toute cette agitation qu'elle ne m'a forcément jamais connue. elle ne perd pas pied, elle constate que ma tante est déjà 4 fois grand-mère, elle me regarde en coin, boit son verre et avant que ça devienne incommodant rentre chez elle. je la raccompagne à sa voiture sous les gouttes d'eau froides qui tombent du ciel et je rentre m'abriter avec le boudin de chien. je m'arrête un instant pour courir vers la voiture, la serrer dans mes bras et lui dire que je l'aime mais je me trouve ridicule alors je rentre dans la maison et je chasse cette élan de mon esprit. je commence à en avoir marre de toujours être émotionnellement remuée.

un cousin un peu éloigné nous rejoint, certainement perdu de ne pas nous connaitre vraiment. je me sens l'âme passerelle alors je l'invite vers nous, je lui pose des questions, pas trop, je sens dans son regard et les cancans familiaux que la tribu lui a fendu l'âme quelque part. je parle seule avec lui et je vois son œil franc se planter dans les miens, me déstabiliser et me rappeler ce premier amour qui m'a tant torturée. alors je m'éloigne et je fais tourner marie-jeanne.

quand je vais me coucher, l'homme grésille déjà le silence de la nuit collé contre son boudin de chien, mon frère tentant de trouver le sommeil sur le canapé d'à côté. je tremble, j'ai froid, j'ai peur. je me cale contre son corps chaud endormi, je repasse ma vie en accéléré dans ma tête, celles des autres. il ouvre son bras, m'attire contre lui, mon pouls ralentit, je ne tremble plus.

l'homme sait m'apaiser, de mes tourments, des autres et de lui-même. il est mon médicament contre la vie dure. je suis jean galfione, il est le matelas DIMA. je suis le talon écorché, il est le compeed. je suis le meuble en kit, il est le mode d'emploi en suédois.

l'anniversaire de l'ancêtre se passe bien. tout le monde tait ses hontes. de ma cousine interdite d'approcher son frère par jugement du tribunal pour enfants, à ma tante honteuse d'avoir un garçon qui les aime, d'autres secrets certainement bien gardés, je nage entre les autres, je fais danser marie-jeanne, je flotte et je sniffe mon remède dans la peau du coup là où il fait chaud se caler.

le sourire aux lèvres, le coeur léger, je refoule les larmes de ma quiétude sur les rails du retour. ça commence à bien faire de tout gérer par les yeux. je m'endors, le coeur léger, je ne suis pas tout à fait revenue, je flotte dans ces instants simples qui nous vengent de cette enfance ébranlée. le coeur léger.

Posté par Dirty Hope à 09:48 - Commentaires [3] - Permalien [#]

Commentaires

réunion familiale

eh béh, pâques semble être définitivement une fête familiale.

Posté par peekaboo, 25 mars 2008 à 11:39

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peekaboo. merci fidèle lectrice de ne pas t'intéresser qu'aux posts qui parlent de mes énormes seins. merci.
en fait, il semblerait que pâques, comme toute fête religieuse, soit familiale. après on choisit sa famille pour ce jour là, la famille ça peut très bien être les copains!

Posté par Rocket, 26 mars 2008 à 09:11

arrête, je crois entendre ma mère qui à mon adolescence et plus tard, me disait, "il n'y en a que pour tes copains !"
(ben ouais, et avec le recul, je comprends encore mieux pourquoi... s'il y avait pas eu les potes, peut-être que j'aurai adopté en désespoir de cause un boudin de chien toutophile... qui sait ?)

Posté par peekaboo, 26 mars 2008 à 10:59

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