Je déteste l'espoir

Il m'a toujours vomie, il m'a toujours fait boire, m'a toujours endormie

28 mars 2008

Elle se tait la douleur, elle se tait!

en vrai j'ai pas une once de confiance en moi. ce qui me tient le matin pour me lever c'est son regard aujourd'hui, c'est son corps contre le mien la nuit, c'est son souffle chaud dans mon cou. ce qui me tient le jour, c'est notre nid, notre clan, notre bulle qu'on sait ouvrir aux autres. ce qui me tient le soir, c'est la douceur de m'achever contre sa peau, de m'occuper de nous, de bâtir cette forteresse tout autour. ce qui me tient quand il n'est pas là, c'est de savoir que la bulle n'est pas en danger. même dans les moments où je lui hurle dessus comme une hystérique fille, je sais que le repos est vers lui, que l'accomplissement c'est Nous. je sais que trop rien ne peut entacher le futur que je vois collée à lui.

et pourtant des douleurs passées viennent me perturber, sans danger, sans prises de décisions qui pourraient tout faire basculer, non. juste, ça vient remuer mon ventre, ma gorge, mes yeux, et même mes intestins. ça vient me foutre les nerfs aujourd'hui sur des vieilles rancœurs d'hier, ça vient me faire chier la bite et j'en ai marre. parce qu'on pourrait se demander si vraiment j'ai avancé, si vraiment je ne regrette pas cette histoire qui a été avortée dans l'œuf à peine fécondé, si je ne l'aime plus.

putain mais non je ne l'aime plus, je ne suis pas si névrosée que ça! non je n'aime plus le bourreau lâche qui m'a tenue éveillée des nuits par son absence et sa lâcheté. non je n'aime plus ce mec qui se révèle con et sans personnalité. non je n'aime plus, je ne désire plus, je ne fantasme plus ce qu'aurait dû être notre histoire à cette époque. non je ne chie plus sur ce qu'il s'est réellement passé. non!

mais putain, il reste là, comme une personne qui existe, il ne se fond dans aucune masse avec sa greluche. il habite mon monde malgré la distance et le temps et je lui voue parfois une haine et parfois une compassion sans limites. je crois m'être pardonnée de m'être trompée et d'avoir été lésée. je crois avoir compris que c'est la vie qui est comme ça cette salope, je crois avoir déshumanisé la situation pour me dire que je n'y suis pour rien. pour rien.

au contraire, je crois avoir plutôt été cool. je me suis tue quand j'aurais pu hurler des insultes au téléphone. je suis restée chez moi quand j'aurais pu aller chier sur leur paillasson, mettre le feu à la voiture ou faire cuire le lapin. je me suis éclipsée quand j'aurais pu semer le trouble dans la bande. je me suis recroquevillée quand j'aurais pu faire prendre parti et diviser le monde. j'ai avalé un glaviot énorme de force quand j'ai compris que ça ne marcherait pas au lieu d'aller cracher ma haine et tenter de récupérer ce qui devait être ma place. je suis devenue exemplaire quand il a fallu cacher ses mensonges à "ma concurrente" alors que c'était si simple d'utiliser d'autres armes que les miennes pour tenter de faire capoter leur vie, si combat je ne gagnais pas. je suis restée fidèle à moi-même. j'ai encaissé mais j'ai respecté, par honneur, pour pouvoir me regarder en face, moi. pas lui, moi. pour être qui je suis et ne pas me laisser emporter par les torrents néfastes de la passion, de l'abandon.

tout ça pour quoi? tout ça pour qu'aujourd'hui son regard sur moi soit aussi haineux que si j'avais tout ruiné. tout ça pour me prendre du mépris silencieux ou des insultes infondées en plein dans la face. tout ça pour rien.

alors oui j'ai mal et j'ai la haine au bord des yeux. oui j'ai mal et je voudrais entendre que j'ai été bien, que j'ai été intègre, que j'ai fait ce que j'ai dit et que je ne les ai plus importunés. je voudrais qu'il se rappelle que si je n'ai pas la place la plus difficile dans cette histoire, je n'ai pas la sienne à lui, la plus salope, la plus lâche et la plus méprisable. je voudrais qu'il s'en souvienne et qu'il le reconnaisse, qu'il le montre, qu'il le dise. qu'il m'apaise.

alors je hurle, je sors les griffes et les ongles et je monte au créneau dès qu'il montre les dents. je veux cette reconnaissance que je n'aurais jamais. je veux voir, lire, entendre, sentir qu'il est désolé. je ne le veux pas à la vue de tous, je le veux pour moi. pour moi. pour maintenant, pour après. pour mon beau merle qui ne doit pas se sentir serein que tout ça me remue autant. je le veux parce que je le mérite bordel! je le veux pour que ça cesse d'exister, que ça me libère et qu'il meurt en moi.

mais je ne l'aurais jamais alors quoi?

Posté par Dirty Hope à 10:56 - Commentaires [4] - Permalien [#]

Commentaires

tu veux un chamalow ?

c'est du sucre, c'est mou, ça fond et c'est malheureusement tout ce que tu auras ici... ça un énorme soutien (pas le 90 E, l'autre) de tes fervents lecteurs © hannibal.
un indéfectible soutien, miss ;-)

Posté par éric, 28 mars 2008 à 16:01

J'avoue que je suis assez partagé.
Entre aller faire un gros steak haché à coups de talons avé sa tête, ou le remercier chaleureusement de t'avoir préféré une blonde stupide à gros cul.

C'est vrai j'hésite...

Posté par Yojik, 28 mars 2008 à 19:19

...

Posté par peekaboo, 28 mars 2008 à 22:32

yoj, tu ferais mieux de sourire, la merde est posée, la vie peut continuer.

Posté par pam choo, 29 mars 2008 à 14:26

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